Le happening et la performance sont tous deux des genres artistiques hybrides et immédiats, qui utilisent différents médiums afin d’arriver à créer un moment unique où performeurs et spectateurs vivent une expérience commune.  C’est l’idée de décloisonner l’art et la vie en les fusionnant dans un moment éphémère.  C’est le « here and now ».

Le happening, héritier des manifestations artistiques de l’avant-garde du début du XXe siècle (merci chers Dadaïstes),  vient surtout des années 60 et a pour concept de rassembler des artistes de différents genres (peinture, sculpture, musique, poésie, danse, etc.) dans un même endroit et de les laisser s’exprimer sans entraves au milieu d’un public qui peut se déplacer librement.  En oeuvrant simultanément, les artistes se basaient sur l’écoute et les hasards pour créer une synergie (une fusion) entre eux.

Happening de type « action-painting » du Français Yves Klein en 1960:

Le happening selon les artistes Fluxus (un des premiers collectifs de happening)

L’histoire du happening est intimement liée au mouvement Fluxus, dont le but ultime était de supprimer toutes frontières entre Art et Vie. En intégrant le public à la performance artistique, les artistes Fluxus veulent supprimer l’idée d’un art qui se donne à voir et mettent plutôt en avant l’idée d’un art qui s’expérimente, se vit.

Les premières tentatives de happenings sont redevables notamment au compositeur John Cage et au chorégraphe Merce Cunningham.  Regardez ces premières fois aussi où l’on danse volontairement individuellement plutôt qu’en beau groupe uni :


De son côté, la performance peut faire écho à la performance sportive et au mot anglais a performance.  J’aurais tendance à la décrire comme une héritière des premières expériences de happening, ou du moins comme une heureuse bénificiaire de ces tentatives d’abolition des frontières artistiques.  Ses trois bases sont le corps, le temps et l’espace.  Dans la performance, l’art ne se donne pas à voir, mais il est.  Il n’est pas représentation, mais évènement.  Souvent, c’est un seul artiste qui se commettra devant un public, devenant à la fois le créateur de l’œuvre à venir et l’œuvre elle-même.  Quelques performeurs importants :

Marina Abromovic

Plus elle blanchissait ces os de vaches, plus elle tachait de rouge sa robe...

Plus elle blanchissait ces os de vaches, plus elle tachait de rouge sa robe...

Chris Burden

Connu à partir des années 70 entre autres grâce à sa performance «Shoot», où il se faisait tirer une balle de fusil dans le bras gauche…

Évidemment, il y a beaucoup plus de performeurs que ça… à vous de les découvrir !

Dans le fond, la performance prend la Vie telle quelle et la montre comme de l’Art… on est pas loin de la Fontaine « ready-made » de Duchamp !

Merci à Julie pour les belles trouvailles !

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